
cjc.jeunes-chercheurs.org/positions/position2001.htmlEn l'espace de dix ans, le nombre de doctorants a été multiplié par 4 en France, pour atteindre aujourd'hui le nombre de 60 000 personnes. De fait, le rôle du doctorant a également évolué : sa part dans la production de la recherche a augmenté, sa participation à la vie des laboratoires s'est accrue et il est devenu une pièce essentielle au sein de la communauté scientifique française.
Toutefois, les conditions ne sont aujourd'hui pas remplies pour permettre à chaque doctorant de travailler sereinement. En effet, environ 50% des doctorants ne sont pas financés au début de leur travail de thèse. L'autre moitié est financée de manière hétérogène suivant la nature du financement (allocation du Ministère de la Recherche, bourses régionales, contrat CIFRE, bourses d'association caritative, ...), souvent sans protection sociale. Dans l'ensemble, la perte d'attractivité pour la thèse est évidente : il est par conséquent plus que nécessaire de repenser le statut du doctorant et du post-doctorant.
Nos propositions se déclinent suivant trois axes, à savoir :
1) le cadre légal permettant aux jeunes chercheurs non-statutaires (DEA,
doctorants, stagiaires post-doctoraux) d'effectuer leur travail dans
des conditions correctes.
2) le rôle des Ecoles Doctorales dans le
parcours professionnel des doctorants, et les moyens inhérents leur
permettant de remplir cette mission.
3) la nécessité pour les jeunes
chercheurs non-statutaires d'être représentés à tous les niveaux dans
les instances représentatives (i.e. laboratoires, écoles doctorales,
universités et établissements de recherche, CNESER).
Ces propositions sont issues de réflexions menées depuis plus de 5 ans par les associations adhérentes à la CEC (consultables sur le site web http://www.cec.asso.fr). Certaines découlent également des conclusions de la table ronde du 14 octobre 2001, organisée par la CEC à Paris et en présence de représentants de partis politiques représentés au Parlement.
À terme, il nous semble impératif que deux principes de base soient respectés :
- Les doctorants sont productifs en termes de travail de recherche,
ils doivent donc tous recevoir un salaire décent.
- Ce salaire doit être couplé à un statut social correct (sécurité
sociale, chômage, retraite).
Historiquement, les problèmes spécifiques des doctorants (qui émergent aujourd'hui dans le débat public) n'ont pas été portés sur la scène politique ni par les organisations représentant les usagers, ni par celles représentant les personnels. Le fait qu'il ait fallu attendre plus de 5 ans avant que le constat sur la situation des doctorants et les propositions élaborées par des associations de doctorants arrivent aux oreilles des représentants de la nation est notamment lié à ce manque de représentativité spécifique. Il est probable que les problèmes des étudiants chercheurs auraient été plus rapidement identifiés si un espace particulier d'expression avait été réservé à ce corps social au sein des assemblées débattant des questions d'enseignement supérieur et de recherche.
De même, du point de vue des doctorants, l'émergence d'un collège spécifique d'étudiants chercheurs leur permettrait de prendre pleinement conscience de la place importante qu'ils ont à occuper dans le système et de faire face aux responsabilités intrinsèquement liées à leur statut en terme d'acteurs dans l'orientation de la politique scientifique mais aussi sur les questions de diffusion des connaissances, d'éthique ou encore de transfert de technologie. Le collège spécifique serait le meilleur moyen de préparer les jeunes docteurs aux responsabilités qu'ils seront appelés à prendre, que ce soit dans le système de l'enseignement supérieur et de la recherche publique, mais aussi au sein des entreprises françaises ou des administrations de l'Etat.
C'est pourquoi la CEC demande qu'un collège spécifique des étudiants chercheurs, qui regrouperait les étudiants en école doctorale et les jeunes docteurs encore en activité au sein des établissements d'enseignement supérieur et de recherche sur un emploi non permanent, soit créé et mis en place à tous les niveaux de représentation des différents acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER, universités, établissements, écoles doctorales, laboratoires).
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Ce document (/positions/position2001.html) a été mis à jour le 19 décembre 2001